Bilan et perspectives du programme NOURA

La première phase du programme NOURA (2025-2026) touche bientôt à sa fin. L’occasion de réaliser un bilan des actions réalisées, et de vous partager les perspectives que nous envisageons pour la suite.

A noter : les financements n’étant pas encore sécurisés pour la suite du programme, ce perspectives ne pourront peut-être pas toutes être mises en œuvre. Si vous souhaitez appuyer ou participer à l’une ou plusieurs de ces perspectives, n’hésitez pas à nous contacter.

Inscrivez-vous au séminaire Noura du 23 septembre 2026

En septembre 2025 se tenait le premier séminaire du programme NOURA, avec des interventions fortes et des réflexions éclairantes sur les enjeux de l’évaluation en association. Il est temps de nous réunir à nouveau pour partager les enseignements de nos expérimentations et préparer les suites de la dynamique.

Nous vous donnons donc rendez vous :

le mercredi 23 septembre 2026 de 9h30 à 16h30

au Conservatoire National des Arts et Métiers


292 rue Saint-Martin 75003 Paris

(en présentiel uniquement)

Dans le cadre de cette journée coorganisée avec le Centre d’Economie Solidaire du CNAM, nous pourrons entendre des associations ayant expérimenté l’outil d’auto-évaluation NOURA, des institutions, des responsables associatifs, des chercheur-e-s, échanger leurs points de vue et dessiner les contours d’une stratégie partagée de soutien aux pratiques d’évaluation en association.

Après l’expérimentation, passons à l’action !

Vous pouvez Découvrir le programme du séminaire et vous inscrire sur ce lien.
A bientôt !

Les fiches pratiques NOURA

Un cycle de communauté de pratique entre associations sur les démarches d’évaluation est animé depuis avril 2025 dans le cadre du programme NOURA.

Sept fiches pratiques issues de ces temps d’échanges ont d’ores et déjà été publiées :

Fiche 1 : L’évaluation en association

Fiche 2 : Mobiliser les équipes et les bénévoles

Fiche 3 : Rendre les évaluations utiles et mobilisatrices pour le pilotage du projet associatif

Fiche 4 : Utiliser des méthodologies solides et adaptées

Fiche 5 : Adopter une routine d’évaluation dans une association

Fiche 6 : Dialoguer avec les partenaires sur une évaluation

Fiche 7 : Conduire l’évaluation d’un collectif

Où en est le programme NOURA ?

Création d’un outil d’auto-évaluation pour les petites et moyennes associations

Plus de 450 associations ont rejoint le groupe de conception de l’outil d’auto-évaluation pour les petites et moyennes associations.

Le comité scientifique est pour sa part composé de douze personnes aux profils variés :

Nicolas Chochoy (Institut Godin)
Hélène Duclos (Transformation associés)
Julien Kleszczowski (IAE Lille)
Hélène L’huillier et Elise Leclerc (ESSEC)
Elena Lasida (Institut Catholique de Paris)
Eléonore Lavoine (Grenoble Ecole de Management)
Anne Leroy (CREG/Université de Grenoble)
Francesca Petrella (Université Aix Marseille)
Mathilde Renault-Tinacci (INJEP)
Marion Studer (OCDE)
Cyrille Tassart (Exploration systémique)

Après avoir travaillé sur le cahier des charges de l’outil, analysé une cinquantaine de référentiels d’utilité sociale ainsi que plusieurs outils d’auto évaluation ou d’auto-diagnostic existants, nous avons produit une cartographie des aspects fréquents d’utilité sociale des associations, et un prototype de l’outil.

Après une phase de production et de tests à l’automne 2025, l’expérimentation grandeur nature a été lancée mi janvier 2026, avec plus de 150 associations volontaires, de secteurs, de tailles et de territoires très variés.

Si vous souhaitez expérimenter vous aussi cet outil, il vous suffit de créer votre compte sur cette plateforme.

Échanges de pratiques sur l’évaluation entre associations

Plus de 350 associations ont rejoint l’espace d’échanges de pratiques sur l’évaluation. Cinq sujets d’échange ont été identifiés :

Thème 1 : Mobiliser les équipes et les bénévoles
Comment donner du sens à l’évaluation pour les personnes au contact des publics ou chargées de la mise en œuvre directe des actions (bénévoles, membres, équipes salariées, etc.) ?
Ce thème a été abordé lors de la rencontre du 16 juin dernier, avec des témoignages de la Chaîne de l’Espoir, de la MJC-Centre social La Canopée à Portes-lès-Valence, de l’association Kurioz et du Mouvement Associatif Rennais. Voir la fiche pratique issue de cet échange.

Thème 2 : Rendre les évaluations utiles et mobilisatrices pour le pilotage du projet associatif
Comment l’évaluation peut-elle devenir un outil stratégique et mobilisateur utile pour le pilotage des projets ?
Ce thème a été abordé le 23 septembre 2025, avec des témoignages de la Confédération des foyers ruraux et d’Engagé-e-s et Déterminé-e-s. Voir la fiche pratique issue de cet échange.

Thème 3 : Utiliser des méthodologies solides et adaptées
Comment employer des méthodologies d’évaluation rigoureuses et adaptées aux actions associatives ?
Ce thème a été abordé le 12 décembre 2025, avec des témoignages de Terre de Liens, de Zup de Co et du F3E. Voir la fiche pratique issue de cet échange.

Thème 4 : Adopter une “ routine évaluation “
Comment intégrer les outils d’évaluation dans les pratiques de travail courantes de mon association ? Ce thème a été abordé le 17 février 2026, avec des témoignages de Bio Consom’acteurs, de la Croix-Rouge française et d’Initiative Développement. Voir la fiche pratique issue de cet échange.

Thème 5 : Dialoguer avec les partenaires
Comment s’appuyer sur une évaluation pour enrichir le dialogue avec les parties prenantes ? Ce thème a été abordé le 12 mai 2026, avec des témoignages du CRAJEP Hauts de France, de Commerce Equitable France et de Rebonds!. Voir la fiche pratique issue de cet échange.

Thème 6 : Conduire l’évaluation d’un collectif
Comment mener l’évaluation d’un réseau, d’un collectif de structures, d’un écosystème territorial ?  Ce thème a été abordé dans le cadre d’une fiche pratique dédiée, avec des témoignages de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, de la Fonda et du Secours Populaire Française. Voir la fiche pratique sur ce sujet.

Voir également la fiche pratique générale sur l’évaluation en association

Si vous souhaitez connaître nos prochains temps d’échange de pratiques merci de vous inscrire au programme Noura.

Débats publics sur l’évaluation associative

Un séminaire sur le thème « l’évaluation au service de la vie associative » a eu lieu à Paris le 23 septembre 2025 après-midi, et a permis de croiser les regards des associations, de leurs réseaux, des scientifiques et de l’ensemble des acteurs du soutien au monde associatif sur la question de l’évaluation.

Voir l’article de retour sur le séminaire

Le prochain séminaire aura lieu le 23 septembre 2026, au CNAM à Paris.

Par ailleurs, un dossier sur l’évaluation associative est paru mi-octobre 2025 dans la revue Juris Associations, composé d’analyses et de témoignages issus du programme Noura.

N’hésitez pas à parler du programme Noura autour de vous ! Attention, toutes les personnes intéressées (que vous soyez ou non une association) doivent s’inscrire au programme Noura afin de recevoir les informations.

Trois vidéos pour faire changer les regards sur l’évaluation

Ci-dessous, les témoignages de Marine Cuinat, chargée de programmes à l’association Un enfant par la main, et de Stéphane Depoilly, directeur du Comité Régional des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire (CRAJEP) Hauts de France:

Cliquez ici pour en savoir plus sur le programme Noura

Les premiers retours des associations expérimentatrices de l’outil NOURA

Au 9 avril 2026, les retours des associations expérimentatrices de l’outil d’auto-évaluation NOURA sont les suivants :

Des modes d’expérimentation divers :

En petit groupe, avec le bureau/CA, avec l’équipe, avec ou sans les cartes, avec des publics sur un format déambulatoire avec affichage des réponses données…

Globalement les consignes semblent claires, les outils et le vocabulaire sont adaptés.

Les trames d’animation constituent un soutien important et un gain de temps pour explorer les sujets.

Plusieurs retours enthousiastes :

« Cet outil offre un temps de partage rare sur le fonctionnement de la structure. Il a déclenché des conversations constructives pour la suite. »

« Le fait de participer à une expérimentation a été motivant. »

« Les cartes sont un super support, elles permettent d’être sur un temps ludique qui rassure nos parties prenantes. »

« Ça permet de se mettre rapidement dans la réflexion et d’éviter l’isolement de la réflexion individuelle. »

1e étape :

Besoin exprimé de davantage d’éléments sur l’utilité sociale dans l’étape 1 => trame d’animation mise à jour en conséquence

Les contraintes de mobilisation sont fortes : beaucoup d’assos optent pour la version “light”, mais parfois s’aperçoivent ensuite de l’intérêt d’élargir les personnes à impliquer

2e étape :

Les cartes sont très appréciées, permet de s’extraire de l’entrée par missions. Bcp de cartes sont retenues par les participants.

Des associations utilisent les supports pour se former ou s’acculturer à la notion d’évaluation de l’utilité sociale.

Les explications au verso sont utiles mais peuvent faire perdre un peu de temps => explications proposées dans un document séparé + option d’impression recto seul ?

Certaines cartes sont jugées trop proches ou trop floues => travail en cours sur l’évolution des explications

Une association a partagé son hésitation entre le fait de conserver les thématiques et critères communs, ou bien de choisir des formulations spécifiques => possibilité d’un double référentiel ?

Souhait d’avoir davantage la main sur la mise en forme de la carte mentale (couleurs…).

Le regroupement en thématiques ne semble pas poser de problème : beaucoup conservent les thématiques proposées, ou bien les reformulent mais en gardant la même logique.

3e étape :

Deux associations ont effectué les étapes 2 et 3 de façon simultanée (identification des critères et appréciation) => cette option a été intégrée dans les trames d’animation, à voir si cela se généralise

L’association culturelle “Au foin de la rue” a imaginé un support très simple à compléter pour les publics => intégré dans la trame d’animation

Une association a choisi de consulter pour certains critères des acteurs extérieurs (élus locaux pour l’utilité territoriale) => intégré dans la trame d’animation

Une formation pour concevoir sa démarche d’évaluation

Cette formation, qui se déroulera le 28 mai 2026 en présentiel à Paris, répond aux besoins des organisations qui souhaitent progresser dans la mise en œuvre de démarches évaluatives de leurs actions ou stratégies. Elle permettra notamment aux participant-e-s d’apprendre à valoriser leur utilité sociale selon des référentiels adaptés, et à conduire des réflexions en vue de l’amélioration de leur action.

Cliquez ici pour en savoir plus

Et si associations, pouvoirs publics et fondations s’alliaient pour une évaluation véritablement au service de la vie associative ?

“Ce dont nous avons besoin, c’est de faire reconnaitre la valeur des associations, leur rôle dans l’engagement citoyen, leur présence unique dans les territoires et leur contribution à la vitalité démocratique”.

C’’est par ces mots que Mickaël Huet, délégué général du Mouvement associatif, a ouvert ce séminaire sur l’évaluation associative. Le monde associatif est en effet confronté à une crise sans précédent, mêlant coupes budgétaires et remises en cause de la légitimité des associations en tant que contre-pouvoirs civiques.

Comme le rappelle Patrick Viveret, philosophe et ancien magistrat à la Cour des comptes : “La dominante des acteurs qui s’occupent de l’évaluation sont obsédés, les uns par le contrôle, les autres par l’efficacité des politiques publiques par rapport à leur coût ». Dans ce contexte, pas étonnant que les associations aient “peur de l’évaluation, de se sentir scrutées, observées, contrôlées…” comme en témoigne Mariana Roy, directrice de la MJC-Centre social La Canopée, à Portes-les-Valence.

Doubles standards et injonctions contradictoires

Parler d’évaluation associative est d’autant plus délicat que de nombreuses dépenses publiques ne font, elles, pas l’objet d’évaluations, ce qui fait enrager Julien Adda, directeur du réseau d’associations d’insertion Les jardins de Cocagne : “Les associations d’insertion vont être en priorité sur des coupes budgétaires, alors que pendant ce temps-là, 210 milliards d’euros d’aides sont versées chaque année aux entreprises françaises, sans aucune évaluation !”.

Julien Adda regrette également l’incohérence de certaines évaluations. Il explique que des associations se voient reprocher de ne pas suffisamment coopérer entre elles, alors même que les bailleurs refusent de financer le temps de travail dédié à la coopération entre structures : “On ne peut pas être évalué sur ce que nous faisons de mal, c’est à dire l’absence de coopération inter-structure, si on ne finance pas la mise en œuvre de la coopération et du projet coopératif”.

Marie Weiller, cheffe de projet suivi et évaluation à la Fondation de France, partage cette analyse d’une défiance vis à vis des formes d’évaluation “sanction”, et la dégradation des relations de partenariat que cela induit : “Ce qui est le plus difficile, c’est d’établir la relation de confiance entre financeur et financé, mais aussi entre les associations elles-mêmes, qui sont en partie en compétition.”

Évaluations situées, évaluations apprenantes

Mais les pratiques d’évaluation en associations peuvent aussi prendre des formes plus positives. Les nombreuses évaluations accompagnées par le F3E ou par la Fonda en sont la preuve. Selon Laurent Fraisse, sociologue et chercheur associé au CNAM, l’évaluation est “une démarche qui doit avant tout permettre de la reconnaissance, quelque chose qui fait émerger la parole à partir de la situation vécue par les acteurs et actrices de terrain, et qui reconnaisse l’importance de ce que font les associations.”

Certains financeurs ont bien compris l’enjeu de soutenir ces démarches d’évaluation qualitatives et sur-mesure, comme l’explique Marie Weiller : “Quand on travaille sur de la complexité et qu’on veut avoir une approche transformatrice de long terme, on part du principe qu’on ne sait pas comment on va y arriver. Il faut saisir les opportunités. Il ne s’agit pas de prouver l’impact, mais d’avoir plus d’impact, et ça implique d’apprendre au fur et à mesure du projet, du programme.”

Ces démarches d’évaluation doivent s’inscrire dans une recherche de sens pour les organisations qui y prennent part. Hélène Duclos, consultante-chercheuse et vice-présidente du Gréus (Groupe de recherche-action sur l’évaluation d’utilité sociale) au sein de l’Institut Catholique de Paris, détaille : “Quand on évalue, on va apprécier la valeur, donc il faut d’abord se mettre d’accord sur ce qui a de la valeur : qu’est-ce que chaque partie-prenante perçoit de la valeur de l’organisation ?”

L’enjeu de la reconnaissance de ces approches

Ces approches qualitatives de l’évaluation permettent-t-elles aux associations de mieux défendre la valeur de leur action ?

Pour Mariana Roy, il n’y a pas de doute : “C’est à travers l’évaluation que j’ai pu faire comprendre aux élu-e-s locaux-ales que l’association ne faisait pas que prendre des subventions, mais qu’elle avait aussi un effet réel sur les habitant-e-s”.

Mais cette approche de l’évaluation associative ne pourra pas se généraliser sans une compréhension et un soutien clair de la part des pouvoirs publics.

Pour Sarah Persil, vice-présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté en charge de la vie associative : “On a besoin que les associations aient du temps pour réfléchir et se requestionner, et pour cela il faut qu’il y ait une culture de l’évaluation qui soit portée au sein des administrations, et des élu-e-s, et que cette culture soit travaillée au prisme du service public et de la coopération.”

Ces citations et extraits vous ont inspiré ? L’enregistrement complet de ce séminaire est disponible sur notre chaîne YouTube :

Pour aller plus loin

À en juger par les retours des participant-e-s de ce séminaire, celui-ci aura notamment permis de déconstruire certaines idées reçues sur l’évaluation, et donné envie d’explorer des pratiques nouvelles en la matière. Une belle occasion est d’ailleurs donnée aux associations françaises avec un appel aux volontaires, lancé dans le cadre du programme NOURA, pour expérimenter un outil d’auto-évaluation centré sur l’utilité sociale.

Si le sujet de l’évaluation en association vous intéresse, n’hésitez pas à vous abonner à la lettre d’information NOURA, afin de recevoir les avancées du programme.

Retour sur le séminaire du 23 septembre 2025 sur l’évaluation

Vous pourrez ici (re)découvrir les deux tables rondes de l’après-midi :

« Révéler la création de valeur associative », avec Hélène Duclos, chercheuse et consultante, vice-présidente du Gréus, Mariana Roy, directrice de la MJC-Centre social La Canopée et Sarah Persil, vice-présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté en charge de la vie associative.

Et « l’évaluation comme outil de dialogue  », avec Julien Adda, directeur du Réseau Cocagne, et Marie Weiller, cheffe de projet suivi et évaluation à la Fondation de France.

00:00:00 : Accueil par Marion Boinot, déléguée générale adjointe du Mouvement associatif
00:05:17 : Mot d’introduction par Angeles Estrada, directrice du F3E
00:12:00 : Les enjeux évaluatifs pour les associations, par Mickaël Huet, délégué général du Mouvement associatif
00:16:15 : Prise de hauteur par Patrick Viveret, philosophe et essayiste, ancien conseiller à la Cour des comptes

00:30:23 : Introduction de la première table-ronde « Révéler la création de valeur associative »
00:33:50 : Intervention d’Hélène Duclos, chercheuse et consultante, vice-présidente du Gréus
00:41:50 : Intervention de Sarah Persil, vice-présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté en charge de la vie associative
00:52:37 : Intervention de Mariana Roy, directrice de la MJC-Centre social La Canopée
01:02:40 : Seconde intervention d’Hélène Duclos
01:10:04 : Seconde intervention de Sarah Persil
01:16:18 : Seconde intervention de Mariana Roy
01:24:47 : Questions de la salle et réponses des intervenantes

01:36:04 : Seconde table-ronde « L’évaluation comme outil de dialogue  » : début de l’intervention de Julien Adda, directeur du Réseau Cocagne
01:53:23 : Intervention de Marie Weiller, cheffe de projet suivi et évaluation à la Fondation de France
02:01:52 : Intervention de Julien Adda
02:13:36 : Intervention de Marie Weiller
02:24:10 : Questions de la salle et réponses des intervenantes

02:37:00 : Conclusion et perspectives par Jean-Marc Delaunay, chargé de coordination du programme Noura